Trois semaines de méditation

Soyons honnêtes, trois semaines, c’est long.

Très long même.

Plusieurs fois, je me suis demandé : “mais qu’est-ce que je fous là ?”.

Souvent quand cette question émerge, c’est le signe que quelque chose fonctionne.

Quelque chose bouge à l’intérieur, d’indicible, d’imperceptible, d’impalpable.

Car cette fois, il n’y a pas eu de grande révélation.

J’avais plusieurs fois fait des retraites de 10 jours, mais 20 jours, je me disais : “ah, là, il va vraiment se passer des choses exceptionnelles”.

Et puis non.

Pas de feu d’artifice dans mes artères, pas de visions de mes vies antérieures, pas de compréhension des équations d’Einstein, pas de résolution du conflit israélo-palestinien.

Juste le calme plat d’une mer sans fin.

Pétole comme disent les marins.

 

Alors l’ennui est devenu mon plus grand maître.

Observer inlassablement des sensations qui ne sont pas spectaculaires, et comprendre que l’intensité est séduisante, mais in fine un mauvais guide.

Et au bout d’un certain temps, je me suis rendu compte que la médecine de l’ennui fonctionnait comme cela. Elle nous prive de toutes les sollicitations habituelles, qui sont comme des béquilles pour notre attention.

Et cet ennui a au moins deux conséquences positives :

  • celle de rendre l’ordinaire désirable (je n’ai jamais autant rêvé d’un œuf à la coque)
  • et celle de régénérer durablement notre cerveau.

Alors, à cette question du “mais qu’est-ce que je fous là ?”, m’est revenu cette citation d’Oscar Lalo, dans son dernier livre Le Dictionnaire Amoureux de la méditation :

“Pourquoi perds-tu tant d’heures à méditer? Parce que ça me donne envie de vivre, tout simplement”.

Tout simplement.

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